Suites numériques : définition, arithmétique, géométrique, variations et limites

MATHÉMATIQUES · Première Spécialité

Suites numériques : définition, arithmétique, géométrique, variations et limites

Cours complet du programme français de Première : modes de génération d'une suite, suites arithmétiques, suites géométriques, calcul de sommes, sens de variation, notion intuitive de limite et exercices types corrigés.

Poser une question sur WhatsApp

OBJECTIFS DU CHAPITRE

Ce que l’élève doit maîtriser

01

Compétence 1

Distinguer une suite définie par une formule explicite un=f(n)u_n = f(n) d’une suite définie par récurrence un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) et calculer leurs termes.

02

Compétence 2

Maîtriser les suites arithmétiques : caractérisation, forme explicite un=u0+nru_n = u_0 + nr, alignement graphique et somme des premiers entiers.

03

Compétence 3

Maîtriser les suites géométriques : caractérisation, forme explicite un=u0qnu_n = u_0 q^n et somme des premières puissances.

04

Compétence 4

Déterminer le sens de variation d’une suite en appliquant la méthode adaptée (différence un+1unu_{n+1} – u_n, quotient, fonction associée).

05

Compétence 5

Conjecturer graphiquement ou numériquement la limite finie ou infinie d’une suite lorsque nn tend vers ++\infty.

# Modes de génération d'une suite

DÉFINITION

Suite numérique et vocabulaire

Une suite numérique est une fonction u:nu(n)u : n \mapsto u(n) définie sur l’ensemble des entiers naturels N\mathbb{N} (ou pour nn0n \ge n_0) et à valeurs dans R\mathbb{R}.

  • L’image d’un entier nn est notée unu_n (se lit « uu indice nn ») et s’appelle le terme de rang nn (ou terme général).
  • La suite est notée globalement (un)(u_n) ou (un)nN(u_n)_{n \in \mathbb{N}}.
  • Dans un repère, une suite est représentée par un nuage de points isolés de coordonnées (n;un)(n\,;\, u_n). On ne relie jamais les points d’une suite par un trait continu.
PROPRIÉTÉ

Formule explicite versus Relation de récurrence

  1. Formule explicite : un=f(n)u_n = f(n).

Chaque terme se calcule directement à partir de son rang nn, sans avoir besoin de connaître les termes antérieurs.
Exemple : un=2n+1    u10=2×10+1=21u_n = 2n + 1 \implies u_{10} = 2 \times 10 + 1 = 21.

  1. Relation de récurrence : un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) avec un premier terme u0u_0 fixé.

Chaque terme se calcule de proche en proche à partir du terme qui le précède.
Exemple : u0=5u_0 = 5 et un+1=3un    u1=3×5=15u_{n+1} = 3u_n \implies u_1 = 3 \times 5 = 15, puis u2=3×15=45u_2 = 3 \times 15 = 45.


# Suites arithmétiques et somme des premiers entiers

DÉFINITION

Suite arithmétique

Soit u0Ru_0 \in \mathbb{R}. Une suite (un)(u_n) est dite arithmétique s’il existe un nombre réel rr, appelé raison de la suite, tel que pour tout entier naturel nn :

un+1=un+ru_{n+1} = u_n + r

Pour passer d’un terme au suivant, on ajoute toujours la même constante rr. La différence un+1un=ru_{n+1} – u_n = r est constante.

PROPRIÉTÉ

Formules explicites d'une suite arithmétique

Soit (un)(u_n) une suite arithmétique de raison rr :

  • À partir du premier terme u0u_0 : pour tout nNn \in \mathbb{N},
un=u0+nru_n = u_0 + nr
  • À partir d’un terme quelconque upu_p : pour tous entiers naturels nn et pp,
un=up+(np)ru_n = u_p + (n – p)r
  • Représentation graphique : dans un repère, les points (n;un)(n\,;\, u_n) d’une suite arithmétique sont strictement alignés sur la droite d’équation y=rx+u0y = rx + u_0.
FORMULE

Somme des premiers entiers consécutifs

Pour tout entier naturel n1n \ge 1 :

1+2+3++n=k=1nk=n(n+1)21 + 2 + 3 + \dots + n = \sum_{k=1}^{n} k = \frac{n(n + 1)}{2}

Formule générale pour toute suite arithmétique :

S=(Nombre de termes)×Premier terme+Dernier terme2S = (\text{Nombre de termes}) \times \frac{\text{Premier terme} + \text{Dernier terme}}{2}


# Suites géométriques et somme des premières puissances

DÉFINITION

Suite géométrique

Soit u0Ru_0 \in \mathbb{R}. Une suite (un)(u_n) est dite géométrique s’il existe un nombre réel qq, appelé raison de la suite, tel que pour tout entier naturel nn :

un+1=q×unu_{n+1} = q \times u_n

Pour passer d’un terme au suivant, on multiplie toujours par la même constante qq. Si tous les termes sont non nuls, le quotient un+1un=q\frac{u_{n+1}}{u_n} = q est constant.

PROPRIÉTÉ

Formules explicites d'une suite géométrique

Soit (un)(u_n) une suite géométrique de premier terme u0u_0 et de raison qq :

  • À partir du premier terme u0u_0 : pour tout nNn \in \mathbb{N},
un=u0×qnu_n = u_0 \times q^n
  • À partir d’un terme quelconque upu_p : pour tous entiers naturels nn et pp,
un=up×qnpu_n = u_p \times q^{n – p}
FORMULE

Somme des premières puissances d'un réel $q$

Pour tout réel q1q \neq 1 et pour tout entier naturel n0n \ge 0 :

1+q+q2+q3++qn=k=0nqk=1qn+11q1 + q + q^2 + q^3 + \dots + q^n = \sum_{k=0}^{n} q^k = \frac{1 – q^{n+1}}{1 – q}

Formule générale pour toute suite géométrique (q1q \neq 1) :

S=Premier terme×1qNombre de termes1qS = \text{Premier terme} \times \frac{1 – q^{\text{Nombre de termes}}}{1 – q}


# Sens de variation d'une suite

DÉFINITION

Sens de variation

Soit (un)(u_n) une suite numérique définie pour nn0n \ge n_0 :

  • (un)(u_n) est croissante si pour tout nn0n \ge n_0, un+1unu_{n+1} \ge u_n (strictement croissante si un+1>unu_{n+1} > u_n).
  • (un)(u_n) est décroissante si pour tout nn0n \ge n_0, un+1unu_{n+1} \le u_n (strictement décroissante si un+1<unu_{n+1} < u_n).
  • (un)(u_n) est constante si pour tout nn0n \ge n_0, un+1=unu_{n+1} = u_n.
  • Une suite est dite monotone lorsqu’elle est soit croissante, soit décroissante.
MÉTHODE

Trois méthodes d'étude du sens de variation

  1. Méthode universelle (Signe de la différence un+1unu_{n+1} – u_n) :

On calcule un+1unu_{n+1} – u_n et on étudie son signe.

  • Si un+1un0u_{n+1} – u_n \ge 0, la suite est croissante.
  • Si un+1un0u_{n+1} – u_n \le 0, la suite est décroissante.
  1. Méthode du quotient (pour une suite à termes strictement positifs un>0u_n > 0) :

On calcule le quotient un+1un\frac{u_{n+1}}{u_n} et on le compare au nombre 1.

  • Si un+1un1\frac{u_{n+1}}{u_n} \ge 1, la suite est croissante.
  • Si un+1un1\frac{u_{n+1}}{u_n} \le 1, la suite est décroissante.
  1. Méthode de la fonction associée (Formule explicite un=f(n)u_n = f(n)) :

Si la fonction ff est dérivable et monotone sur [0;+[[0\,;\, +\infty[, alors la suite (un)(u_n) a le même sens de variation que la fonction ff.

PROPRIÉTÉ

Variations des suites arithmétiques et géométriques

  1. Suite arithmétique de raison rr :
  • Si r>0r > 0, la suite est strictement croissante.
  • Si r<0r < 0, la suite est strictement décroissante.
  • Si r=0r = 0, la suite est constante.
  1. Suite géométrique de type (qn)(q^n) avec q>0q > 0 :
  • Si q>1q > 1, la suite (qn)(q^n) est strictement croissante.
  • Si 0<q<10 < q < 1, la suite (qn)(q^n) est strictement décroissante.
  • Si q=1q = 1, la suite est constante (qn=1q^n = 1).
  • Si q<0q < 0, la suite alterne de signe et n’est pas monotone.

Pour une suite un=u0qnu_n = u_0 q^n (q>0q > 0), le sens est inversé si u0<0u_0 < 0.


# Notion intuitive de limite d'une suite

DÉFINITION

Comportement asymptotique

S’intéresser à la limite d’une suite (un)(u_n), c’est observer le comportement des termes unu_n lorsque le rang nn devient arbitrairement grand (« lorsque nn tend vers ++\infty »).

PROPRIÉTÉ

Les trois comportements asymptotiques

  1. Limite finie (Convergence) :

Les termes unu_n se rapprochent aussi près que l’on veut d’un nombre réel fixe LL. On dit que la suite converge vers LL et on note :

limn+un=L\lim_{n \to +\infty} u_n = L

Exemples : limn+1n=0\lim_{n \to +\infty} \frac{1}{n} = 0 \quad et limn+4n52n+3=2\quad \lim_{n \to +\infty} \frac{4n – 5}{2n + 3} = 2.

  1. Limite infinie (Divergence vers l’infini) :

Les termes unu_n deviennent aussi grands que l’on veut. On note :

limn+un=+oulimn+un=\lim_{n \to +\infty} u_n = +\infty \qquad \text{ou} \qquad \lim_{n \to +\infty} u_n = -\infty

Exemples : limn+n2=+\lim_{n \to +\infty} n^2 = +\infty \quad et limn+(162n)=\quad \lim_{n \to +\infty} (16 – 2n) = -\infty.

  1. Absence de limite (Divergence par oscillation) :

Certaines suites ne se stabilisent vers aucune valeur finie ni ne partent à l’infini.
Exemple : un=(1)nu_n = (-1)^n oscille indéfiniment entre 11 et 1-1 et n’admet pas de limite.


# Tableau comparatif : Arithmétique versus Géométrique

PROPRIÉTÉ

Synthèse générale des suites du programme

ProprieˊteˊSuite ArithmeˊtiqueSuite GeˊomeˊtriqueRelation de reˊcurrenceun+1=un+run+1=q×unFormule explicite (u0)un=u0+nrun=u0×qnFormule explicite (up)un=up+(np)run=up×qnpSens de variationr>0    Croissanteq>1 (u0>0)    Croissanter<0    Deˊcroissante0<q<1 (u0>0)    DeˊcroissanteAllure graphiquePoints isoleˊs aligneˊsPoints sur courbe exponentielleSomme des termesS=(nb)×premier+dernier2S=premier×1qnb1q (q1)\begin{array}{|c|c|c|} \hline \text{\textbf{Propriété}} & \text{\textbf{Suite Arithmétique}} & \text{\textbf{Suite Géométrique}} \\ \hline \text{Relation de récurrence} & u_{n+1} = u_n + r & u_{n+1} = q \times u_n \\ \hline \text{Formule explicite } (u_0) & u_n = u_0 + nr & u_n = u_0 \times q^n \\ \hline \text{Formule explicite } (u_p) & u_n = u_p + (n – p)r & u_n = u_p \times q^{n – p} \\ \hline \text{Sens de variation} & r > 0 \implies \text{Croissante} & q > 1 \ (u_0 > 0) \implies \text{Croissante} \\ & r < 0 \implies \text{Décroissante} & 0 < q < 1 \ (u_0 > 0) \implies \text{Décroissante} \\ \hline \text{Allure graphique} & \text{Points isolés alignés} & \text{Points sur courbe exponentielle} \\ \hline \text{Somme des termes} & S = (\text{nb}) \times \frac{\text{premier} + \text{dernier}}{2} & S = \text{premier} \times \frac{1 – q^{\text{nb}}}{1 – q} \ (q \neq 1) \\ \hline \end{array}


# Exercices d'application du cours (avec solutions)

EXERCICE

Application 1 : Calculer des termes d'une suite (Section 1)

  1. Soit la suite (un)(u_n) définie pour tout entier naturel nn par : un=3n22n+1u_n = 3n^2 – 2n + 1.
  • a. Calculer le terme de rang 5, puis le 10e terme.
  • b. Déterminer l’expression en fonction de nn des termes un+1u_{n+1} et u2nu_{2n}.
  1. Soit la suite (vn)(v_n) définie par v0=1v_0 = 1 et, pour tout nNn \in \mathbb{N}, vn+1=0,5vn+4v_{n+1} = 0{,}5v_n + 4. Calculer v3v_3.
  2. Soit la suite (wn)(w_n) définie par w0=32w_0 = \frac{3}{2} et, pour tout nNn \in \mathbb{N}, wn+1=2wn(1wn)+2w_{n+1} = 2w_n(1 – w_n) + 2. Calculer w2w_2.
Afficher le corrigé détaillé
  1. a. Le terme de rang 5 est u5u_5 :
u5=3×522×5+1=3×2510+1=7510+1=66u_5 = 3 \times 5^2 – 2 \times 5 + 1 = 3 \times 25 – 10 + 1 = 75 – 10 + 1 = 66

Le premier terme de la suite étant u0u_0 (terme de rang 0), le 10e terme est le terme de rang 9, noté u9u_9 :

u9=3×922×9+1=3×8118+1=24318+1=226u_9 = 3 \times 9^2 – 2 \times 9 + 1 = 3 \times 81 – 18 + 1 = 243 – 18 + 1 = 226

b. Pour un+1u_{n+1}, on remplace chaque occurrence de nn par (n+1)(n + 1) :

un+1=3(n+1)22(n+1)+1=3(n2+2n+1)2n2+1=3n2+6n+32n1=3n2+4n+2u_{n+1} = 3(n + 1)^2 – 2(n + 1) + 1 = 3(n^2 + 2n + 1) – 2n – 2 + 1 = 3n^2 + 6n + 3 – 2n – 1 = 3n^2 + 4n + 2

Pour u2nu_{2n}, on remplace nn par (2n)(2n) :

u2n=3(2n)22(2n)+1=3×4n24n+1=12n24n+1u_{2n} = 3(2n)^2 – 2(2n) + 1 = 3 \times 4n^2 – 4n + 1 = 12n^2 – 4n + 1
  1. Pour calculer v3v_3, on calcule successivement les termes de proche en proche :
  • v1=0,5×v0+4=0,5×1+4=4,5v_1 = 0{,}5 \times v_0 + 4 = 0{,}5 \times 1 + 4 = 4{,}5
  • v2=0,5×v1+4=0,5×4,5+4=2,25+4=6,25v_2 = 0{,}5 \times v_1 + 4 = 0{,}5 \times 4{,}5 + 4 = 2{,}25 + 4 = 6{,}25
  • v3=0,5×v2+4=0,5×6,25+4=3,125+4=7,125v_3 = 0{,}5 \times v_2 + 4 = 0{,}5 \times 6{,}25 + 4 = 3{,}125 + 4 = 7{,}125
  1. De même pour w2w_2 :
  • w1=2w0(1w0)+2=2×32×(132)+2=3×(12)+2=32+2=12w_1 = 2w_0(1 – w_0) + 2 = 2 \times \frac{3}{2} \times \left(1 – \frac{3}{2}\right) + 2 = 3 \times \left(-\frac{1}{2}\right) + 2 = -\frac{3}{2} + 2 = \frac{1}{2}
  • w2=2w1(1w1)+2=2×12×(112)+2=1×12+2=52=2,5w_2 = 2w_1(1 – w_1) + 2 = 2 \times \frac{1}{2} \times \left(1 – \frac{1}{2}\right) + 2 = 1 \times \frac{1}{2} + 2 = \frac{5}{2} = 2{,}5
EXERCICE

Application 2 : Algorithmes Python et modes de génération (Section 1)

On considère les fonctions Python :

  • terme_u(n) avec boucle for k in range(n): u = 1/u - 1 et initialisation u = 1/3.
  • terme_v(n) avec instruction directe return n**2 - 2*n + 1/n.
  • terme_w(n) avec initialisation w = 5 et boucle for k in range(1, n+1): w = w + 3*(k - 1).
  1. Qu’obtient-on lorsqu’on appelle terme_u(3), terme_v(5) et terme_w(4) dans la console ?
  2. Préciser les modes de génération des suites associées à chacune de ces trois fonctions.
Afficher le corrigé détaillé
  1. Valeurs renvoyées par les appels dans la console :
  • Pour terme_u(3) :
  • Initialisation : u=130,333u = \frac{1}{3} \approx 0{,}333.
  • k=0k = 0 : u=11/31=31=2u = \frac{1}{1/3} – 1 = 3 – 1 = 2.
  • k=1k = 1 : u=121=0,5u = \frac{1}{2} – 1 = -0{,}5.
  • k=2k = 2 : u=10,51=21=3,0u = \frac{1}{-0{,}5} – 1 = -2 – 1 = -3{,}0.

L’appel renvoie 3,0-3{,}0.

  • Pour terme_v(5) :
v5=522×5+15=2510+0,2=15,2v_5 = 5^2 – 2 \times 5 + \frac{1}{5} = 25 – 10 + 0{,}2 = 15{,}2

L’appel renvoie 15,215{,}2.

  • Pour terme_w(4) :
  • Initialisation : w=5w = 5.
  • k=1k = 1 : w=5+3×0=5w = 5 + 3 \times 0 = 5.
  • k=2k = 2 : w=5+3×1=8w = 5 + 3 \times 1 = 8.
  • k=3k = 3 : w=8+3×2=14w = 8 + 3 \times 2 = 14.
  • k=4k = 4 : w=14+3×3=23w = 14 + 3 \times 3 = 23.

L’appel renvoie 2323.

  1. Modes de génération des trois suites :
  • La suite (un)(u_n) est définie par récurrence : u0=13u_0 = \frac{1}{3} et un+1=1un1u_{n+1} = \frac{1}{u_n} – 1.
  • La suite (vn)(v_n) est définie par formule explicite : pour tout entier n1n \ge 1, vn=n22n+1nv_n = n^2 – 2n + \frac{1}{n}.
  • La suite (wn)(w_n) est définie par récurrence : w0=5w_0 = 5 et wn+1=wn+3nw_{n+1} = w_n + 3n.
EXERCICE

Application 3 : Reconnaître une suite arithmétique (Section 2)

  1. La suite (un)(u_n) définie par un=n2u_n = n^2 pour tout nNn \in \mathbb{N}, est-elle arithmétique ?
  2. La suite (vn)(v_n) définie par vn=n2(n+1)2v_n = n^2 – (n+1)^2 pour tout nNn \in \mathbb{N}, est-elle arithmétique ?
Afficher le corrigé détaillé
  1. Calculons les premiers termes de la suite (un)(u_n) :

u0=02=0u_0 = 0^2 = 0, u1=12=1u_1 = 1^2 = 1, u2=22=4u_2 = 2^2 = 4.
On observe que :

u1u0=10=1etu2u1=41=3u_1 – u_0 = 1 – 0 = 1 \qquad \text{et} \qquad u_2 – u_1 = 4 – 1 = 3

Comme u1u0u2u1u_1 – u_0 \neq u_2 – u_1, la différence entre deux termes consécutifs n’est pas constante.
La suite (un)(u_n) n’est donc pas arithmétique.

  1. Simplifions d’abord l’expression de vnv_n :
vn=n2(n2+2n+1)=2n1v_n = n^2 – (n^2 + 2n + 1) = -2n – 1

Calculons la différence vn+1vnv_{n+1} – v_n pour tout nNn \in \mathbb{N} :

vn+1vn=(2(n+1)1)(2n1)=(2n3)(2n1)=2n3+2n+1=2v_{n+1} – v_n = (-2(n+1) – 1) – (-2n – 1) = (-2n – 3) – (-2n – 1) = -2n – 3 + 2n + 1 = -2

La différence vn+1vnv_{n+1} – v_n est constante et égale à 2-2 pour tout entier nn.
La suite (vn)(v_n) est donc une suite arithmétique de raison r=2r = -2 et de premier terme v0=1v_0 = -1.

EXERCICE

Application 4 : Étudier une suite arithmétique et problème de la spirale (Section 2)

  1. Soit la suite (un)(u_n) définie par u0=7u_0 = -7 et, pour tout nNn \in \mathbb{N}, un+1=un+4u_{n+1} = u_n + 4.
  • a. Donner la formule explicite de unu_n. En déduire la valeur de u21u_{21}.
  • b. Un terme de la suite vaut-il 20192\,019 ?
  1. On construit une ligne brisée formée de segments perpendiculaires en « spirale ». Le 1er segment a pour longueur 1 cm1\text{ cm} et chaque segment est plus long de 1 cm1\text{ cm} que le segment précédent.

Quelle est la longueur de cette ligne brisée lorsqu’on a tracé 25 segments ?

Afficher le corrigé détaillé
  1. a. La suite (un)(u_n) est arithmétique de premier terme u0=7u_0 = -7 et de raison r=4r = 4.

Sa formule explicite est donc :

un=u0+nr=7+4nu_n = u_0 + nr = -7 + 4n

Pour n=21n = 21 :

u21=7+4×21=7+84=77u_{21} = -7 + 4 \times 21 = -7 + 84 = 77

b. On cherche s’il existe un entier naturel nn tel que un=2019u_n = 2\,019 :

7+4n=2019    4n=2026    n=20264=506,5-7 + 4n = 2\,019 \iff 4n = 2\,026 \iff n = \frac{2\,026}{4} = 506{,}5

Comme 506,5506{,}5 n’est pas un entier naturel, aucun terme de la suite (un)(u_n) n’est égal à 20192\,019.

  1. La longueur du kk-ième segment tracé est égale à k cmk\text{ cm}. La longueur totale LL après avoir tracé 25 segments est la somme des 25 premiers entiers naturels :
L=1+2+3++25=25(25+1)2=25×262=25×13=325 cmL = 1 + 2 + 3 + \dots + 25 = \frac{25(25 + 1)}{2} = \frac{25 \times 26}{2} = 25 \times 13 = 325\text{ cm}

La ligne brisée mesure exactement 325 cm325\text{ cm} (soit 3,25 m3{,}25\text{ m}).

EXERCICE

Application 5 : Suites géométriques et problème de l'échiquier (Section 3)

  1. Indiquer si les suites suivantes sont géométriques :
  • a. un=(n+1)2u_n = (n + 1)^2 pour tout nNn \in \mathbb{N}.
  • b. vn=5×3n+2v_n = 5 \times 3^{n+2} pour tout nNn \in \mathbb{N}.
  1. Soit (wn)(w_n) définie par w0=6w_0 = 6 et wn+1=32wnw_{n+1} = \frac{3}{2}w_n.
  • a. Donner la formule explicite de wnw_n. En déduire la valeur exacte puis arrondie à l’unité de w11w_{11}.
  • b. Déterminer le rang du premier terme qui dépasse 100.
  1. Sur un échiquier de 64 cases, on place 1 grain de riz sur la première case, 2 sur la deuxième, 4 sur la troisième, et on continue en doublant à chaque case.
  • a. Combien y a-t-il de grains sur la dernière case ?
  • b. Combien y a-t-il de grains sur l’échiquier au total ?
Afficher le corrigé détaillé
  1. a. Calculons les premiers termes : u0=12=1u_0 = 1^2 = 1, u1=22=4u_1 = 2^2 = 4, u2=32=9u_2 = 3^2 = 9.
u1u0=41=4etu2u1=94=2,25\frac{u_1}{u_0} = \frac{4}{1} = 4 \qquad \text{et} \qquad \frac{u_2}{u_1} = \frac{9}{4} = 2{,}25

Les rapports ne sont pas égaux, donc (un)(u_n) n’est pas géométrique.
b. vn=5×3n+2=5×32×3n=45×3nv_n = 5 \times 3^{n+2} = 5 \times 3^2 \times 3^n = 45 \times 3^n.
Pour tout nNn \in \mathbb{N} :

vn+1vn=45×3n+145×3n=3\frac{v_{n+1}}{v_n} = \frac{45 \times 3^{n+1}}{45 \times 3^n} = 3

Le quotient est constant : (vn)(v_n) est une suite géométrique de raison q=3q = 3 et de premier terme v0=45v_0 = 45.

  1. a. (wn)(w_n) est géométrique de premier terme w0=6w_0 = 6 et de raison q=32q = \frac{3}{2}.

Formule explicite :

wn=w0×qn=6×(32)nw_n = w_0 \times q^n = 6 \times \left(\frac{3}{2}\right)^n

Pour n=11n = 11 :

w11=6×(32)11=6×1771472048=5314411024518,985519w_{11} = 6 \times \left(\frac{3}{2}\right)^{11} = 6 \times \frac{177\,147}{2\,048} = \frac{531\,441}{1\,024} \approx 518{,}985 \approx 519

b. On cherche le plus petit entier nn tel que 6×(32)n1006 \times \left(\frac{3}{2}\right)^n \ge 100.
Calculons les termes successifs :
w0=6;w1=9;w2=13,5;w3=20,25;w430,38;w545,56;w668,34;w7102,51w_0 = 6 \quad ; \quad w_1 = 9 \quad ; \quad w_2 = 13{,}5 \quad ; \quad w_3 = 20{,}25 \quad ; \quad w_4 \approx 30{,}38 \quad ; \quad w_5 \approx 45{,}56 \quad ; \quad w_6 \approx 68{,}34 \quad ; \quad w_7 \approx 102{,}51.
Le rang du premier terme dépassant 100 est donc n=7n = 7.

  1. a. Le nombre de grains sur la case n+1n+1 est donné par la suite géométrique un=u0×2n=2nu_n = u_0 \times 2^n = 2^n avec u0=1u_0 = 1.

Sur la 64e case (n=63n = 63), il y a :

u63=2639,223×1018 grainsu_{63} = 2^{63} \approx 9{,}223 \times 10^{18} \text{ grains}

b. Le nombre total de grains sur l’échiquier est la somme des 64 premiers termes :

S=1+2+22++263=126412=26411,845×1019 grainsS = 1 + 2 + 2^2 + \dots + 2^{63} = \frac{1 – 2^{64}}{1 – 2} = 2^{64} – 1 \approx 1{,}845 \times 10^{19} \text{ grains}
EXERCICE

Application 6 : Étudier le sens de variation d'une suite (Section 4)

  1. La suite (un)(u_n) est définie pour tout entier naturel nn par un=n2+3nu_n = n^2 + 3n. Montrer que (un)(u_n) est croissante.
  2. La suite (vn)(v_n) est définie par v0=3v_0 = 3 et vn+1=vnn2v_{n+1} = v_n – n^2. Montrer que (vn)(v_n) est décroissante.
  3. Déterminer la nature et le sens de variation des suites suivantes :
  • a. a0=1a_0 = -1 et an+1=an5a_{n+1} = a_n – 5 pour tout nNn \in \mathbb{N}.
  • b. b0=2b_0 = -2 et bn+1=13bnb_{n+1} = \frac{1}{3}b_n pour tout nNn \in \mathbb{N}.
Afficher le corrigé détaillé
  1. Calculons la différence un+1unu_{n+1} – u_n pour tout nNn \in \mathbb{N} :
un+1un=(n+1)2+3(n+1)(n2+3n)=n2+2n+1+3n+3n23n=2n+4u_{n+1} – u_n = (n + 1)^2 + 3(n + 1) – (n^2 + 3n) = n^2 + 2n + 1 + 3n + 3 – n^2 – 3n = 2n + 4

Comme nn est un entier naturel (n0n \ge 0), on a 2n+44>02n + 4 \ge 4 > 0.
Puisque un+1un>0u_{n+1} – u_n > 0 pour tout nn, la suite (un)(u_n) est strictement croissante.

  1. On exprime la différence vn+1vnv_{n+1} – v_n à partir de la relation de récurrence :
vn+1vn=n2v_{n+1} – v_n = -n^2

Pour tout entier naturel nNn \in \mathbb{N}, n20n^2 \ge 0, donc n20-n^2 \le 0.
La différence étant toujours négative ou nulle, la suite (vn)(v_n) est décroissante.

  1. a. La suite (an)(a_n) est arithmétique de raison r=5r = -5.

Puisque r=5<0r = -5 < 0, la suite (an)(a_n) est strictement décroissante.
b. La suite (bn)(b_n) est géométrique de raison q=13q = \frac{1}{3} et de premier terme b0=2b_0 = -2.
Formule explicite : bn=2×(13)nb_n = -2 \times \left(\frac{1}{3}\right)^n.
Comme 0<q=13<10 < q = \frac{1}{3} < 1, la suite (13)n\left(\frac{1}{3}\right)^n est strictement décroissante et strictement positive.
En multipliant par b0=2<0b_0 = -2 < 0, l’ordre est inversé : la suite (bn)(b_n) est strictement croissante.

EXERCICE

Application 7 : Conjecturer une limite à l'aide d'un outil (Section 5)

  1. Soit (un)(u_n) définie par u0=1u_0 = -1 et un+1=un21u_{n+1} = u_n^2 – 1.

Calculer u1,u2,u3,u4,u5u_1, u_2, u_3, u_4, u_5 et conjecturer l’existence ou non d’une limite pour la suite (un)(u_n).

  1. Soit (vn)(v_n) définie par v0=3v_0 = 3 et vn+1=vnn2v_{n+1} = v_n – n^2.

À l’aide d’un algorithme ou de la calculatrice, calculer v100v_{100} et v10000v_{10\,000}, puis conjecturer limn+vn\lim_{n \to +\infty} v_n.

Afficher le corrigé détaillé
  1. Calculons les premiers termes :
  • u0=1u_0 = -1
  • u1=(1)21=11=0u_1 = (-1)^2 – 1 = 1 – 1 = 0
  • u2=021=1u_2 = 0^2 – 1 = -1
  • u3=(1)21=0u_3 = (-1)^2 – 1 = 0
  • u4=1;u5=0u_4 = -1 \quad ; \quad u_5 = 0

La suite oscille indéfiniment entre les valeurs 1-1 et 00. Elle ne se rapproche d’aucun nombre réel fixe : on conjecture que la suite (un)(u_n) n’admet aucune limite quand n+n \to +\infty.

  1. Programmation et calculs successifs :
  • Pour n=100n = 100 : v100=328347v_{100} = -328\,347
  • Pour n=10000n = 10\,000 : v100003,33×1011v_{10\,000} \approx -3{,}33 \times 10^{11}

Les termes prennent des valeurs négatives aussi grandes en valeur absolue que l’on veut lorsque nn grandit : on conjecture que :

limn+vn=\lim_{n \to +\infty} v_n = -\infty
WhatsApp